Les chiens perdus de l'Oregon

On ne savait pas bien à quoi s'attendre au nord de la Californie. On sortait des sentiers que notre imaginaire avait façonnés à grand renfort de films hollywoodiens et de séries télé. L'Oregon, situé pile entre la pimpante San Francisco et la pluvieuse Seattle n'était pour nous qu'un immense territoire vierge, dont nous n'avions absolument aucune image préconçue en tête. Une vraie découverte en somme.

Aussi, vous n'êtes pas sans savoir qu'à ce moment-là de notre voyage, on commençait à en avoir ras la touffe des villes. On avait grand besoin de nature, et l'Oregon s'apprêtait à nous combler au-delà de nos espérances. Car en bons touristo-blogosprout, on a quand même eu la curiosité de se teaser un petit peu en regardant à quoi ça ressemble, l'Oregon. En un mot, comme en mille : sacrévindidiou qu'c'est beau, dis !

On commençait à être plus ordonnés dans notre façon de voyager — aurait-on appris de nos erreurs ? On s'est élaboré un véritable road trip dans le road trip afin de maximiser notre temps dans cet État qui, décidément, nous faisait de l'oeil. C'est donc tout naturellement qu'un parcours d'ouest en est s'est dessiné, longeant aussi bien la côte, humide, que traversant les espaces préservés des terres où règne un calme salutaire après nos tumultes californiens.

Le parc d’état de Redwood, Californie

Shutdown tonight

La légende raconte que, transporté dans un décor digne de Jurassic Park, votre serviteur aurait tenté d’imiter un vélociraptor.

Après une visite à San Francisco qui nous en a touché une sans bouger l'autre, on est allé se perdre quelques dizaines de kilomètres au Nord (on me dit dans l'oreillette que c'est 530 kilomètres tout de même), au parc d'État de Redwoods. Nous sommes à la mi-janvier, il fait un temps de chien : il n'y a strictement personne d'autre que nous dans cette immense forêt où s'étirent à perte de vue des séquoias majestueux. La légende raconte que, transporté dans un décor digne de Jurassic Park, votre serviteur aurait tenté d’imiter un vélociraptor. Aucune preuve ne venant étayer ce propos, la rumeur perdurera ad vitam eternam.

Redwood State Park

Une fois nos chaussures quasi neuves toutes crottées de gadoue, on a repris la route pour rallier tant qu'il fait encore jour le fameux parc National de Crater Lake, ici encore situé à quelques centaines de kilomètres au Nord-Est. Sur la route, nous avons pu nous arrêter moult fois pour observer des wapitis qui, visiblement, ont fait de la région leur terrain de jeu de prédilection. Mention spéciale à celui-là, qui squattait allègrement le jardin des autochtones qui habitent à la sortie du parc.

Redwood State Park Wapiti

Mais il ne s’agirait pas de traîner. On a beaucoup de route à avaler aujourd’hui, et on a particulièrement hâte de découvrir le fameux cratère précédemment cité. Sauf que, tu nous connais, ça ne s'est pas passé comme prévu.

Qui dit service public réduit à son minimum, signifie boîte à fails remplie à son maximum

Car voyez-vous, le gouvernement américain étant infoutu de se mettre d'accord sur des questions budgétaires, il est passé en état de shutdown. Et qui dit shutdown, dit service public réduit à son minimum. Et qui dit service public réduit à son minimum, signifie boîte à fails remplie à son maximum. La situation est d’ailleurs similaire au jour où sont écrites ces lignes, les États-Unis étant au coeur du plus long shutdown de leur histoire.

En arrivant à Crater Lake, on constate avec béatitude que la neige est déjà bien présente, et qu'on va pouvoir s'en donner à cœur joie. L'inconvénient, c'est que — souviens-toi — le service public est réduit à son minimum en ces temps troublés. Ce qui signifie que les rangers des parcs nationaux ne sont pas mobilisés, et surtout qu'ils ne sont pas dépêchés pour déblayer les routes en cas d'intempéries. Vous le voyez venir ?

Voilà à quoi ressemblait le Visitor Center de Crater Lake quand nous y sommes allés.

Voilà à quoi ressemblait le Visitor Center de Crater Lake quand nous y sommes allés.

Eh oui mes p'tits potes. On a été coincés sur le parking comme une belle paire de couillons. Mais attention ! On parle d'un beau parking. De haut standing et tout hein. La grande classe. Mais on en fait vite le tour quand même. Alors pour faire mauvaise fortune bon cœur, on se gare malgré tout et on commence à remonter la piste de skis de fond (la seule ouverte)... à pieds.

Donc en plus de ruiner le chemin de ceux qui pratiquent effectivement la discipline, on avait de la neige jusqu'aux parties. Ce qui ne nous a pas empêchés de nous marrer comme des baleines en ayant toutes les peines du monde à sortir de cette cocasse situation.

Tant pis Crater Lake. Ce sera pour une prochaine fois.

Le gros orifice de Thor

Après une nuit passée dans un motel quelconque où l'on s'est probablement endormis dans la graisse de nos hamburgers, nous avons mis le cap vers la côte de l'Oregon. Direction Thor's Well, au Cap Perpetua. Il s'agit d'une formation géologique plutôt originale, qui forme une sorte de puits à même le récif. Lors des marées, l'eau est ainsi absorbée par le trou, formant un gouffre noir qui aspire l'eau de mer s'y déversant. Captivant.

Cape Perpetua Thor’s Well

On se rend compte, a posteriori, du cul monumental qu'on a eu sur ce coup-là. Oui, car on n'a absolument pas fait attention aux heures de marées. Et on a eu la chance de tomber pile au bon moment pour pouvoir s'approcher du gros orifice de Thor tout en l'observant se gargariser d'eau de mer.

On se débattait sous des rafales à plus de 100 km/h, criblés d’un crachin normand que tous les binoclards comme moi conspuent viscéralement.

Côte de l'Oregon oblige : il pleut. Énormément. Sans discontinuer. On se débattait sous des rafales à plus de 100 km/h, criblés d'un crachin normand que tous les binoclards comme moi conspuent viscéralement. On est pourtant restés 20 bonnes minutes en équilibre sur ces rochers glissants comme le terrain qu'emprunte notre gouvernement en pleine crise des gilets jaunes, pour immortaliser ce machin qui — en vrai — est bien plus impressionnant en photo qu'en réalité. Du reste, c'est quand même super canon.

Cape Perpetua Thor’s Well

Si tu es dans le coin, on te recommande chaudement d'aller te réchauffer les miches au Hilltop Café, situé à quelques encablures au sud de Thor's Well. On y mange formidablement bien et pour pas cher, et il y a même des options végétariennes. On apprécie d'autant plus qu'il n'y a pas énormément d'endroits où se sustenter sur la côte.

Notre planning était censé nous faire passer par l'impressionnante Cannon Beach et ses immenses rochers à quelques mètres de la plage. Malheureusement la météo ne se calme pas, et le soleil commence déjà à décliner, nous obligeant à tracer notre route direction Portland — la capitale orégonaise.

Hipster City et Beaver State

C'est toujours sous la pluie que nous sommes arrivés chez Christopher et son mari Jack. Pour contraster avec la fraîcheur hivernale qui régnait à l'extérieur, nous avons eu droit à un accueil des plus chaleureux ; notamment de la part de Dee, le génialissime bulldog anglais de la maison.

Jean-Michel Diabète, pour vous servir.

Jean-Michel Diabète, pour vous servir.

Nous ne restons que deux jours à Portland. Il ne s'agirait pas de traîner. Dès potron-minet le lendemain (donc aux alentours de 10h), nous nous sommes mis en route du centre-ville pour aller faire le tour des musées et autres activités culturelles (on est allé bruncher).

Ragaillardis par les formidables gaufres de The Waffle Window que nous avaient recommandé les copains de On Holidays Again, on s'en est allé faire un tour rapide des étrangetés que la weird city des États-Unis avait à nous offrir. Et entre boutiques trop choupi, librairies aux rayonnages interminables et restaurants, dire que Portland nous a conquis est un euphémisme.

Nous gardons des souvenirs particulièrement vifs de l'incroyable Powell's City of Books — l'une des plus anciennes et plus exhaustives librairies de la ville. Entourés par des siècles de connaissance, des pages entières noircies d'aventures épiques et de romans déchirants, nous sommes repartis avec un tote bag siglé d'un hérisson et une pâte à prout. Chacun trouve midi à sa porte, comme on dit.

Le moment est venu d'une dernière gourmandise (un donut trop gros pour être honnête de chez Blue Star Donuts) et de reprendre la route pour, enfin, quitter la vie citadine.

Circulez, y'a rien à voir

Toujours au volant de notre chère Goethe, nous vrombissons en direction de l'Est où nous attend le Mont Hood.

Petrin Express Oregon

Lors de notre arrivée sur place la neige tapissait généreusement le sol. Hiver oblige, la majorité des routes et chemins de randonnée sont fermés, et nous ne trouvons guère qu'un minuscule parking aux abords du parc pour nous garer et partir en exploration.

Par chance, nous arrivons en même temps qu'un couple venu promener leur adorable labrador, lequel nous fera couiner à chaque mouvement de truffe dans la neige. Sur l'unique route que nous sommes autorisés à suivre, nous croisons également le chemin de quelques oiseaux-pioupiou devant lesquels Mélissa tombe en pâmoison.

Malheureusement pour nous, l'épais brouillard qui règne ce jour nous empêche de profiter à plein du paysage dont nous ne pouvons que deviner la majesté. En revanche, ledit brouillard ne nous a pas empêchés de constater à quel point les gens sont des porcs.

Mont Hood, Oregon

Toujours sur la même route, notre regard est subitement attiré vers un épais morceau de plastique dépassant de la neige. Notre conscience écologique naissante nous pousse à déterrer la chose pour le jeter plus tard dans une poubelle. Aussi quelle ne fut pas notre surprise lorsqu'en extrayant le morceau de plastique nous nous rendîmes compte qu'un véritable trou avait été creusé afin d'y dissimuler tous azimuts des papiers de gâteau, des morceaux d'acier divers et, tiens-toi bien, des PUTAIN DE COUCHES PLEINES. Écœurés (et les bras chargés du merdier des suppôts de Satan qui prennent la nature pour une décharge), nous rebroussons chemin.

Histoire de couronner le tout, on tombe sur un doggy bag (plein, évidemment) pendu à la branche d'un arbre, à quelques mètres de la voiture. À défaut d'avoir trouvé une poubelle, nous entassons tout ça dans le coffre en priant pour que les couches pleines ne libèrent pas l'odeur de leur contenu une fois décongelées. Des ordures dont nous ne parviendrons à nous débarrasser qu'une à deux heures plus tard... à l'endroit même où nous ferons la rencontre d'une certaine Pipou.

Qui c’est qui s’amuse à ramasser la merdouille des autres ? Bah oui c’est nous !

Qui c’est qui s’amuse à ramasser la merdouille des autres ? Bah oui c’est nous !

Le cas Pipou

Enfin sortis des montagnes et la neige disparaissant progressivement de notre vue, nous faisons un arrêt rapide à l'Indian Head Casino, situé sur la Highway 26, à Warm Springs. Le besoin d'une pause se faisant ressentir, nous en avons également profité pour jeter notre sac d'ordures qui — tu t'en doutes — avait bien fondu dans notre coffre.

Alors que nous regagnions la voiture, nous apercevons une silhouette canine fouiller très (trop) près de la route. Inquiets, nous essayons d'attirer l'attention de ce beau chien noir parsemé de tâches blanches. Après quelques essais, nous parvenons à éloigner la bestiole de la route et même à lui prodiguer quelques papouilles.

Pipou, quelques heures avant le drame.

Pipou, quelques heures avant le drame.

Elle semble affamée et assoiffée. On bricole un petit récipient avec ce qu'on trouve dans Goethe, et lui verse une généreuse coupelle d'eau qu'elle lape à une vitesse folle. Le hic, c'est qu'on n'a pas grand-chose à bouffer à part des barres de céréales. Cela commence à faire un bon quart d'heure qu'on est avec cette chienne, et nos regards se croisent avec Mélissa. Des regards silencieux mais qui en disent long. J'entreprends d'aller dans le casino pour demander au personnel si ce chien appartient à quelqu'un. Inconnu au bataillon, me répond-on. "Il y a beaucoup de chiens errants dans les parages".

Nous voilà bien avancés. Je retourne donc auprès de Mélissa avec plus d'incertitudes que je l'avais laissée, et nous commençons à réfléchir sérieusement à ce que nous allons bien pouvoir faire de ce nouveau compagnon à quatre pattes. Nous sommes perdus au fin fond de l'Oregon, le soleil s'apprête à se coucher et nous avons encore au moins deux heures de route avant de rejoindre notre Airbnb. Problème : les animaux n'y sont pas admis. On s'excuse donc auprès de notre hôte en expliquant la situation, et on réserve un motel pet-friendly dans la ville de Bend.

Alerté par notre présence depuis plus d’une heure sur le parking du casino, l’hôtel rameute la police

Une fois ceci fait, je laisse Mélissa avec notre nouvelle amie pendant que je fais un aller-retour rapide au supermarché du coin, histoire d'acheter de la nourriture et une laisse. Alerté par notre présence depuis plus d'une heure sur le parking du casino, l'hôtel rameute la police qui vient y faire une ronde. Mélissa voit ainsi débarquer une patrouille de police qui, pas méchante, se montre compréhensive et lâche en rigolant "eh bien on dirait que vous avez gagné un chien gratuit aujourd'hui !".

Évidemment, on y pense. Pendant mon absence, Mélissa s'est enquise des modalités pour rapatrier un animal des États-Unis. Trop complexe. Trop peu de place chez nous. Bref : impossible, surtout en passant d'abord en Islande comme c'est prévu de longue date.

On avisera plus tard. Pour l'heure, il s'agit surtout de faire grimper celle qu'on commence à appeler Pipou dans notre voiture, et de se mettre en route vers Bend pour y passer la nuit. Une bonne heure de route pendant laquelle celle-ci s'endort sur les genoux de Mélissa, tandis qu'elle tente de prendre contact avec des refuges animaliers de la région.

Malgré notre pessimisme, un refuge de Bend recontacte justement Mélissa, et accepte de prendre soin de Pipou ! Un vrai soulagement, même si nous aurions préféré la garder avec nous. Nous avons donc rendez-vous le lendemain à la première heure pour amener notre petite pote dans sa nouvelle maison provisoire.

Mais tu le sais déjà, ça ne s'est (vraiment) pas passé comme prévu.

La plus grosse frayeur de notre vie

On pose donc nos valises dans ce motel et on enfile sa laisse à Pipou pour aller la promener quelques minutes. C’est une sensation étrange. Je n’avais jamais fait ça auparavant, je suis un peu décontenancé ; j’ai peur de mal faire. Après quelques tours du parking et un beau gros étron lâché dans l’espace dédié (le chien hein, pas moi), nous rentrons nous mettre au chaud.

En arrivant, on avait remarqué que l’autre côté du boulevard hébergeait un Pizza Hut. On se décide à passer commande sur le site et, un petit quart d’heure plus tard, nous enfilons nos godasses pour récupérer notre commande. Seule une petite centaine de mètres nous séparait du Pizza Hut, et pourtant nous n’irons pas chercher notre repas avant une bonne heure.

Mais l’arrivée soudaine d’une voiture l’a effrayée et, sans crier gare, elle est parvenue à se défaire de sa laisse.

Le boulevard étant extrêmement passant, nous prenons toutes les précautions pour traverser avec Pipou, que nous avions pris avec nous pour lui dégourdir de nouveau les pattes. Mais l’arrivée soudaine d’une voiture l’a effrayée et, sans crier gare, elle est parvenue à se défaire de sa laisse. Terrorisée, elle a commencé à courir en remontant le boulevard à pleine allure.

Choqués, on s’est mis à sa poursuite, hurlant en pleine rue des "Pipou !!!!" à s’égosiller. Mais rien ne semblait en mesure de l’arrêter ni de la calmer, et elle nous devançait maintenant de plusieurs centaines de mètres.

Voyant notre détresse, un motard qui passait par là a tenté de rabattre Pipou vers le trottoir sur lequel nous courrions avec Mélissa. Après plusieurs tentatives, il est enfin parvenu à la sortir de la route, mais la bougresse est alors partie se planquer dans les zones résidentielles. Au moins, elle ne craignait plus de se faire écraser… mais il s’agissait maintenant de la retrouver !

Le motard propose ainsi à Mélissa de monter derrière lui et de ratisser le voisinage à la recherche du Pipou égaré. Je continuerai à pied, demandant aux passants s’ils n’avaient pas vu passer un chien apeuré. Je suis complètement essoufflé après ce sprint intense, et je peine à retrouver mes esprits.

À ce moment, on craint moins de l’avoir perdue que de la retrouver écraser sur le bord de la route. Cette vision nous hante… dire qu’on l’a justement récupérée pour lui épargner ce destin !

Mélissa et le motard reviennent vers moi bredouilles. L’homme, d’une gentillesse infinie, nous propose de continuer à faire des allers-retours dans les environs pour tenter de la retrouver pendant que nous nous remettons de nos émotions. Nous acceptions, fébrilement.

Mais après plusieurs dizaines de minutes et le retour de notre preux chevalier, toujours aucun signe de Pipou. Il fallait se rendre à l’évidence : nous ne la retrouverons pas.

C’est donc le moral dans les chaussettes, et sans dire un mot que nous remontons le boulevard. La mine basse et l’œil humide, nous allons récupérer notre foutue pizza qui, peut-être, a coûté la vie de la chienne qu’on venait juste de secourir.

Vie de merde.

Rebondir, mode d’emploi

Après une courte et triste nuit à moitié endormis sur la boîte de pizza vide, nous devons reprendre la route. En remontant en voiture, nous ratissons une nouvelle fois le quartier. Par acquit de conscience. Nos recherches ne donnent évidemment rien, et nous sommes alors forcés de quitter la ville de Bend pour poursuivre notre périple vers l’est et l’Idaho. C’est le cœur lourd que nous nous éloignons, alors que Mélissa rédige un message au centre d’accueil dans lequel nous devions ramener Pipou dans la matinée pour qu’elle puisse être adoptée. On se sent particulièrement cons. Mais l’histoire de Pipou n’est pas terminée ; et ce chien nous réserve encore d’autres surprises à notre arrivée dans l’Idaho quelques jours plus tard.

Heureusement, dans l’attente, l’Oregon a ce pouvoir de nous faire oublier — au moins momentanément — nos déconvenues de la veille en nous offrant des paysages indélébiles.

Jamais auparavant je n’ai souvenir d’avoir pu admirer des panoramas aussi bigarrés, dépossédés, pour ne pas dire désertiques. Il y a eu le Texas bien sûr, et la Vallée de la Mort un peu plus tôt dans notre périple, mais rien de semblable à ce que nous nous apprêtions à découvrir dans les terres de l’Oregon.

Seuls au monde sur l’une des plus belles routes que nous ayons traversées.

Seuls au monde sur l’une des plus belles routes que nous ayons traversées.

Imaginez des collines aux formes rondes et accueillantes, colorées d’un vert jauni comme une réminiscence d’un automne qui n’avait pas tout à fait disparu malgré l’hiver bien avancé. Imaginez une unique route traversant ces reliefs magnifiques, nous laissant perdre notre regard à loisir sur ces monts dont le sommet enneigé nous émerveille à chaque instant.

Nous sommes seuls sur cette route. Nous arrêter quand il nous plaît est notre activité favorite pendant cette traversée qui doit nous mener en Idaho, puis au Wyoming pour visiter le parc de Yellowstone. Oui, je sais, ce n’est pas ce qui était prévu à la base. Mais les récents événements nous ont quelque peu motivés à revoir notre programme pour profiter au maximum de nos dernières semaines sur le sol américain.

C’était donc décidé : nous allions découvrir le Wyoming et l’un des parcs les plus fameux des États-Unis, puis rejoindre le Canada par les Rocheuses pour ensuite rallier Seattle — notre dernière étape — par Vancouver. Mais tu t’en doutes : encore une fois, rien ne s’est passé comme prévu.

Pierre

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