S'envoyer en l'air à Miami

Après quelques jours au nord de la Floride,nous voici enfin à Miami ! L'incontournable, l'inégalable, la botoxable, Miami. J'avais hâte d'arriver, de retrouver l'océan, et de pouvoir me la peter auprès des copains parce qu'il fait 30°C en plein mois de décembre et qu'eux sont en train de gratter le pare-brise de leur voiture pour aller bosser.

Les 30°C, justement, parlons-en. En bons voyageurs du dimanche que nous sommes, on n'avait évidement rien prévu pour les régions chaudes(ni pour les régions froides maintenant que j'y pense. Du coup je me demande ce qu'il y a dans ma valise pour qu'elle pèse l'équivalent une demi vache...).

On est donc partis à l'assaut des centres commerciaux dès le premier jour pour trouver un short et une robe, histoire de pouvoir enlever nos jeans avant qu'ils rentrent en fusion avec notre peau. On pensait que ça serait vite fait, un tour à H&M et à nous Miami Beach ! Haha. Nope. Aussi chaud fasse-t'il dehors, on est toujours en hiver. Du coup, attention question à mille points, qu'est-ce qu'on trouve dans les magasins ? Les collections d'hiver, banco. Des doudounes. Des cols roulés. Des manteaux. Mais pas l'ombre d'un short ou d'une robe.

Tant pis, ce ne sont pas 3 litres de sueur à la minute qui vont nous gâcher la journée. Tous en maillots de bain et on file à la plage ! Le moment où tu rentres dans l'eau et qu'elle est à la même température que l'air extérieur, c'est un peu la définition du bonheur je pense. Après une petite heure à jouer dans les vagues tels des enfants de 6 ans, on se pose pour décider de la suite de notre journée.

Il y a bien un truc qu'on a envie de faire, c'est du parachute ascensionnel. Mais c'est cher, ça dure pas longtemps, et ça fait (un peu) peur. Du coup, on réserve pour le jour même avec South Beach Parasail, le temps d'aller manger avaler en quatrième vitesse un milkshake. Grossière erreur...

"Quand je suis content, je vomis"

Nous voici donc de retour sur la plage, armés de nos gilets de sauvetage dignes d'Alerte à Malibu(non, en vrai on avait juste l'air de gros muffins engoncés dans un moule trop petit), prêts à s'envoyer en l'air (maman si tu lis ça, c'est pas ce que tu crois !).

Pas nous du tout...                                                                                              ...Un petit peu nous

Après un petit tour en Zodiac pour rejoindre le bateau, on nous harnache, on serre les sangles, on s'accroche au parachute... et on attend le jugement dernier. La montée se fait assez vite, et c'est plutôt impressionnant de voir le bateau se réduire à la taille d'une cacahuète pendant qu'on survole la baie de Miami Beach.

Je n'ai jamais le vertige, ni le mal de mer ou quoi que ce soit d'autre, mais là je dois avouer que je n'étais pas au top de ma sérénité. La boule au ventre a duré quelques minutes, le temps de s'habituer, et ensuite ce n'était que de l'émerveillement. La sensation d'être un oiseau, tout simplement, de voler au gré des courants d'air et de voir la ville comme on ne la voit que rarement.

Le vol en lui même à duré une quinzaine de minutes, mais c'était comme si le temps c'était arrêté. Une petite feinte du capitaine qui nous fait tremper les jambes dans l'eau pendant la descente, et nous revoilà sur le bateau. Un autre couple passe après nous, le retour à la terre ferme n'est donc pas pour maintenant !

Il y a autant de remous dans son ventre que sur la mer

Au bout de quelques minutes, je jette un oeil à Pierre (qui lui, a le mal de mer ET le vertige) : il n'est pas blanc, il est complètement livide. Il y a apparement autant de remous dans son estomac que dans la mer. On le fait changer de place dans le bateau et on lui donne de l'eau, histoire qu'il ne meure pas tout de suite (question d'assurance, tout ça tout ça).

"Ça va mieux", qu'il me dit. 3 minutes plus tard, il dégobillait le milkshake chocolat banane par dessus bord, évidement pile au moment où l'autre couple redescend, et que le Zodiac revient nous chercher. Ceci dit, je dois préciser que c'était un vomi digne : pas de bruit de gorge douteux, pas de morceaux. Non, c'était propre et efficace, il avait accepté son sort, tel un prisonnier qu'on envoie à la chaise électrique.

Une petite baignade plus tard, histoire de se rincer le nez pour Pierre qui faisait encore des bulles choco/bannane, et on décide d'aller manger au 11th Street Diner(l'endroit même où on a pris les milkshakes quelques heures avant), un vrai diner comme tu en vois dans les films.

 

Le bout du monde

Key West est plus proche de Cuba que de la Floride !

Avant dernier jour à Miami, et aujourd'hui le programme est plutôt idyllique : on va passer la journée dans les Keys. Les Keys, si tu ne situe pas, ce sont les petites îles situées tout au sud de la Floride, et qui sont traversées par un pont gigantesque qui les relient au continent.

 

On a beaucoup parlé de l'ouragan Irma et des ses dégâts en Martinique et en Guadeloupe ces derniers temps,mais on oublie souvent que les Keys ont été frappées de plein fouet par la tempête, et les traces en sont encore visibles aujourd'hui : les habitations en ruines côtoient les plages paradisiaques et offrent un triste spectacle, nous rappelant que la nature est imprévisible.

L'archipel n'en reste pas moins magnifique, avec des plages de sable blanc et de l'eau turquoise à perte de vue. Petit à petit, les commerces ont réouvert, et la vie reprend son cours avec peut être encore plus d'entrain qu'avant !

Après quelques arrêts pour profiter de la vue, notamment à Bahia Honda et Anne's Beach , on se dirige vers la dernière et la plus belle des îles pour le coucher de soleil : Key West. C'est à Mallory Square que l'on s'arrête, réputé pour sa vie nocturne très festive. À peine arrivés, on assiste à un combat acharné entre un pêcheur et une raie manta : la bête s'était prise dans sa ligne et pesait apparement beaucoup trop lourd pour qu'il puisse la remonter et lui enlever l'hameçon. Après s'être débattue une bonne demie heure, la ligne a fini par céder, et la raie manta est repartie tranquillement dans les profondeurs de l'océan vivre sa vie de poisson plat.

Avec tout ça, le soleil s'était couché tranquillement, et il nous restait une chose à faire : boire. On se dirige donc vers le Green Parrot, et coup de bol, il y avait un concert au même moment. Un groupe très cool, The Fritz, qu'on te recommande d'écouter d'ailleurs ! On est resté jusqu'à la fin de leur session, dans une ambiance très bon enfant (on a pu voir une mamie danser beaucoup mieux que toutes les nanas de la Concrète et des Nuits Fauves réunies).

 

Puisqu'on est pas loin de Cuba, on décide d'aller manger dans un des restaurants cubains plébiscité par Lonely Planet : le El Siboney. On s'est fait avoir par le marketing, on ne voulait que deux verres de sangria (maison !), on s'est retrouvés à prendre un pichet entier(Manon, si tu passes par là, j'ai pensé à toi très fort !).

Honnêtement, je n'ai aucun souvenir de ce qu'on a mangé, si ce n'est que c'était très bon. La fatigue commençait à se faire sentir, et mine de rien on avait 3h de route pour rentrer à Miami.Enfin, demande à Pierre comment était le trajet du retour, parce que visiblement moi j'ai ronflé tout le long.

"T'as buté le chien ?!"

Ce soir, on rend la voiture et on prend l'avion direction la Nouvelle Orléans, on se lève donc tôt pour profiter de notre dernière journée. Il faut quitter le Airbnb, alors pendant que je finis les valises, Pierre descend mettre les sacs à dos dans le coffre(non, on ne voyage pas léger, on sait pas faire). Il remonte quelques minutes plus tard, encore plus blême qu'avant de rendre son milkshake, incapable d'aligner deux mots.

"J'ai fais une grosse connerie...", finit il par balbutier. À sa tête paniquée, je m'imagine les pires scénarios, et à ce moment, la seule chose qui me passe par la tête c'est :

"T'as buté le chien ?!"

Le cerveau humain est parfois incompréhensible. Alors non, il n'avait pas buté le chien, il avait JUSTE refermé le coffre de la voiture en laissant les clés dedans. Nous voilà donc comme deux couillons, avec une voiture verrouillée qu'on doit rendre le soir même, nos papiers et ceux de la compagnie de location dans le coffre, et aucune idée de ce qu'on devait faire.

On était prêts à peter la vitre pour pouvoir ouvrir la voiture et accéder à la trape du coffre (des couillons, j'ai dis), quand un homme est sorti de notre Airbnb. Il a appelé pour nous un dépanneur qu'il connaissait : on ne l'avait jamais vu, il partit à l'autre bout de la rue avec sa tasse de café, on pas compris d'où il sortait, mais il nous a évité de faire une connerie encore plus grosse que nous.

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Merci robert !

Le dépanneur arrive (coucou Robert !), et 5 minutes et 50$ plus tard, l'affaire est réglée. La voiture est intacte, on n'a pas eu besoin de vendre un organe pour payer, on récupère nos clés et on file direction Miami ! Pour notre dernière journée, on veut explorer les quartiers emblématiques de la ville que l'on n'a pas encore eu le temps de voir.

On se dirige donc vers Wynwood, haut lieu du street art et de la culture urbaine. Je bouillonne, je ne sais plus où donner de l'objectif, tous les murs sont recouverts de fresques immenses et colorées d'artistes plus ou moins connus. Dans le lot, on trouve des oeuvres de Shepard Fairey, The London Police, Inti, ou encore Tristan Eaton. Toute une partie du quartier a été aménagée pour mettre le street art en valeur : Wynwood Walls, un petit parcours piéton dans une enfilade de squares dont les murs ont été tagués avec brio. On y trouve même un restaurant, et c'est d'ailleurs là bas qu'on a mangé avant de mettre les voiles vers le quartier de Little Havanna.

 

Little Havanna, comme son petit nom l'indique, est le quartier cubain de Miami. On y retrouve une ambiance chaleureuse et beaucoup moins tape à l'oeil que dans le reste de la ville. On a notamment fait un tour au Domino Park, célèbre pour ses petits vieux qui se livrent à des parties de domino endiablées !

Le temps nous manquait pour explorer plus en détails Little Havanna : il nous fallait être à 18h à l'aéroport pour rendre Bertha (Bertha c'est la voiture, si tu n'as pas lu les articles précédents !) et prendre notre avion pour la Nouvelle Orléans.

Le Design District n’a d’intérêt que si tu as le portefeuille d’un héritier d’Arabie Saoudite

 

Un bref passage dans le Design District qui n'a d'intérêt que si tu as le portefeuille d'un héritier d'Arabie Saoudite, et nous voilà cavalant avec nos valises dans le terminal de l'aéroport.

 

Et pour une fois dans notre voyage, tout s'est passé comme prévu : aucun soucis ni pour rendre la voiture, ni pour enregistrer nos bagages. S'en était presque suspect tellement tout se déroulait bien. Bon, j'ai quand même du enlever mes chaussures pour passer les portiques de contrôles alors que j'avais oublié de mettre des chaussettes et que donc je puais grave des pieds. Oupsi.

 

C'est ici que s'achève notre périple sur la côte Est, qui aura duré un mois tout pile ! On a adoré découvrir des villes moins connues comme Charleston ou Savannah, peut être moins les long trajets avec pour seul paysage l'autoroute et les barres d'immeubles, mais on avait encore plus hâte de voir ce que nous réservait la Louisiane...

Réponse dans le prochain article !

Mélissa

 
 

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