Jésus m'a emmenée à Budapest

Mercredi 27 septembre, j'ai rencontré Jésus. Ce n'est pas une métaphore pour t'annoncer ma future reconversion au christianisme, non non. J'ai véritablement rencontré Jésus, et pour tout te dire c'est même lui qui m'a réveillée.

Enfin lui, et la sonnerie insistante du téléphone de Pierre. Pour que tu le saches, le matin et moi on est pas très très copains (une vieille rancoeur qui date de l'enfance), alors me faire réveiller à 7h du matin sans raison apparente alors que je pourrais roupiller tranquillement jusqu'à midi, je suis pas fan. Pour en revenir à cette histoire de Jésus, j'ai d'abord grommeler(j'aime beaucoup ce mot) et maudit Pierre. Pourquoi diable un réveil à cette heure-ci ? Et pourquoi il ne l'éteint pas surtout ? Et bien parce qu'il n'est pas là, visiblement. (Tu noteras que ça m'inquiète plus de savoir pourquoi je ne peux pas dormir tranquille que de savoir où est fourré mon mec à 7h du matin). C'est donc la tête enfarinée que je me traine péniblement jusqu'à la table de la cuisine pour couper la chique à cet appareil de l'Enfer, et que je trouve un petit mot posé devant son ordinateur : "Press play". Je suis pas chiante moi, généralement je fais ce qu'on me dit, donc je m'exécute, je press play... et j'assiste alors à une scène surréaliste. Un mec, déguisé en Jésus, qui me regarde et me dit de faire mon sac pour le restant de la semaine. J'aimerais beaucoup pouvoir voir la tête que j'ai tirée à ce moment là, je pense que j'aurais pu illustrer à la perfection le concept de l'ahurissement. Je suis restée assise, un peu incrédule (et complètement au radar) jusqu'à ce que Pierre rentre avec le petit dej dans une main (il sait m'amadouer le matin...) et ... un guide pour Budapest dans l'autre.

Nous sommes mercredi 27 septembre, j'ai rencontré Jésus, et on décolle pour la Hongrie dans 4h.

On dort dans un catalogue Ikea

Après une petite heure de bus pour rejoindre l'aéroport de Beauvais (il faut ce qu'il faut...), et environ 2h d'avion, nous voici fraichement débarqués dans la capitale Hongroise. J'ai encore un peu de mal à réaliser ce que je fais là, mais pas le temps de niaiser : on prend une navette pour rejoindre le centre ville et notre logement.

Et là mes petits potes, j'ai eu droit à du AirBnB de compet', un appartement tout droit sorti d'un catalogue Ikéa, une déco digne d'un showroom nordique ! Le genre d'endroit où tu te sens tout de suite chez toi, mais où en même temps tu n'oses rien toucher tellement tout est beau. Pour vous donner une idée, on aurait pu vivre dans la salle de bain tellement elle était grande (reflexion faite, c'est ce qu'on fait à Paris puisque notre appart fait 17m²...)

Le street art est interdit quasiment partout à Budapest, et les sanctions peuvent aller jusqu’à la prison. Seules quelques fresques autorisées par les autorités ornent les murs, et elles se situent majoritairement dans le 7ème arrondissement.

Bon, c'est pas le tout mais ... On va visiter ? L'appartement est situé en plein coeur du 7ème arrondissement, également appelé le Quartier Juif. Réputé pour être le quartier le plus vivant et le plus festif de Budapest, on avait hâte de découvrir ce qu'il avait à nous offrir : à peine le temps de déposer nos sacs et de prendre nos appareils photo, nous étions déjà reparti arpenter le bitume.

Une des rares fresques de Budapest
Une des rares fresques de Budapest

Après quelques détours (on est incapables de se tenir à un itinéraire précis, patapé) dans le quartier, on se dirige vers ce qui semble être l'hyper centre de Budapest : le 5ème arrondissement et le Sziget Eyes, une grande roue sublime qui offre un panorama à couper le souffle sur la capitale hongroise. On déambule entre les bars et différents stands pour chercher à manger, éternelle quête de nos voyages parce que oui messieurs dames, on est français, on aime la bouffe, voilà. C'est donc tout naturellement qu'on se dirige vers I Quattro Artisti, un restaurant ... Italien. Ne nous juge pas. On finit tout de même le repas avec deux desserts typiquement hongrois, dont le "Gundel palacsinta" : des crêpes fourrées aux noix, recouvertes d'une sauce au chocolat. Autant te dire que j'étais plus facile à rouler qu'à porter en sortant de table !

Découverte inopinée du Palais Royal

Après une bonne nuit réparatrice dans notre showroom nordique, nous étions de nouveau d'attaque pour sillonner les rues. Tellement d'attaque qu'on a d'ailleurs décidé de marcher une petite heure pour aller déjeuner au Sarki Fűszeres, fortement plébiscité sur Trip Advisor. Un cappuchino avec une mousse à se damner et des oeufs au bacon parfaits, que demande le peuple ? Le ventre plein à ras bord (oui, encore), on part se perdre sur Margit-Sziget(L'île Marguerite en français). Considérée comme le poumon de Budapest de par ses espaces verts gigantesques, elle tient son nom de Sainte Marguerite, la fille du roi Béla IV qui a passé sa vie entière dans un couvent. Funny life girl.

On comprend pas tout ce qu’on commande, mais la pinte est à 1€60

On déambule donc entre les fontaines, parcs, jardins japonais et écureuils jusqu'à ce que la faim se fasse ressentir. Pour le coup, on a pas été trop cons, on avait prévu où on voulait manger (c'est assez rare pour être souligné). On s'est donc dirigé vers le Firkasz, restaurant un peu excentré des grands boulevards touristiques et typiquement hongrois. On y mange des plats traditionnels dans un décor mi vintage, mi WTF : coupures de presse, machines à écrire et bouteilles de vins s'entassent dans ce lieux tenu par des anciens journalistes. On comprend pas tout ce qu'on commande, mais c'est bon et la pinte est à 1€60. Jackpot.

Une fois n'est pas coutume, on s'est perdus. Plus précisément, on a pas été fichus de lire un plan correctement : on s'est donc retrouvé tout à fait par hasard à boire un verre devant l'Église Matthias. "Oh tiens c'est beau ça, c'est quoi ?"Le Palais Royal, bande de couillons ...

Maintenant qu'on y est, autant faire le tour non ? Hormis la vue époustouflante sur le Danube et le Parlement, le Palais Royal - ou Château de Buda - est une pépite architecturale à lui seul : fontaines, statues, tours ... On ne savait plus où donner de l'objectif.

Hé ! Ça serait pas l'heure de manger ? Bien sûr que si. Même qu'on avait aussi prévu où on allait atterrir : le Szatyor Bár és Galéria. On n'était pas prêts. La déco est dingue(coucou les carcasses de voitures qui sortent du mur), les plats plutôt cools, et l'addition plutôt super cool : plats, vin, cafés pour 14€. Pour deux. Je pense que je ne m'en suis pas encore remise. 14€ EUROS POUR DEUX. C'est sur cette réflexion, qu'en France on nous prend un peu pour des billes niveau tarifs, qu'on file se coucher.

Visite guidée, bains thermaux et fails nocturnes

Le lendemain, pas le courage de marcher 1h pour déjeuner : ça tombe bien, on trouve le café le plus choupi de la terre (non, j'exagère pas) : The Bake Shop. On s'enfonce donc dans les coussins d'un canapé beaucoup trop confortable et on se régale, encore une fois. Il le faut, parce que le programme s'annonce chargé !

L’Assemblée Nationale à côté du Parlement, c’est du pipi de chat

Ce qui va suivre va détruire toute notre street credibility : on a fait une visite guidée du Parlement. Avec des audios guides. Et des vieux. Beaucoup de vieux. N'EMPÊCHE, c'était cool. On a appris pleins de trucs qu'on a déjà oublié, mais l'intérieur du bâtiment est tout aussi sublime que l'extérieur, et ça vaut le détour ! L'Assemblée Nationale à côté, c'est du pipi de chat.

Je te passe le passage "Où est-ce qu'on maaaange ?" qui dure des plombes, et on se retrouve attablés dans un endroit sorti de nulle part : Street Food Karaván, une sorte d'arrière cour remplie de stands de street food tous plus alléchants les uns que les autres. D'humeur aventurière on tente le goulash : les puristes vont me balancer des trucs à la tête, mais on est d'accord que ça ressemble fortement à du bœuf bourguignon non ? Je crie au plagiat. RENDS L'ARGENT !

Pour continuer dans la journée "on a 75 piges", on va tester les thermes Széchenyi, qui figurent parmi les plus populaires de Budapest. Oui oui, les thermes, autrement dit les piscines-qui-font-du-bien-à-tes-articulations-de-papi. Et bien figure toi que c'était plutôt sympa de barboter dans des bains à 40° quand il en fait à peine 20 dehors ! J'ai d'ailleurs une question cruciale pour toi : est-ce que tu sais faire la planche ? Non parce que j'en connais un qui coule lamentablement ... Je ne vise personne *tousse* Coucou Pierre *tousse*. On fait l'impasse sur le spa à la bière : la soirée est encore longue.

Vont alors s'enchaîner moult fails. Mais vraiment, moult. On a voulu tester la cuisine du Mad Bar, décrite comme immanquable. Autant te dire qu'on l'a bien manquée puisque quand on est arrivés, le cuisinier ne travaillait tout simplement pas ce soir là. Bon, soit, on décide de prendre un verre pour évaluer l'ambiance de ce qui se dit être un des meilleurs bars de Budapest. Honnêtement, il n'y avait rien de fou, du moins rien qui ne le démarquait des autres bars de la rue. Meh.

On migre donc à l'Akvarium Klub, qui sur le papier vendait du rêve : entrée gratuite, bar surplombé par un plafond de verre sous un bassin d'eau. L'endroit étant recommandé par Trax, on y est allés les yeux fermés. Si l'entrée est effectivement gratuite, il faut payer (une blinde) pour accéder aux salles où jouent les DJ, et niveau bières le choix est plus que restreint(la Bigfoot n'a de cool que le nom, tu peux me croire). Re-Meh.

Pour ne pas rester sur un échec,  on décide de s'échouer dans un des bars du passage Gozsdu Udvar : une enfilade sans fin de bars et restaurants qui respirent la fête. Après deux cocktails qui penchent plus vers le vodka en bidon de 5L / jus d'orange Lidl de nos 16 ans que vers la Tequila Sunrise, on en vient à la conclusion suivante : les Hongrois, ils sont balèzes en bouffe. Par contre pour ce qui est de l'alcool, c'est non. Donc, soit on est vraiment des pines et on est pas tombés dans les bons endroits, soit il y a un marché à prendre pour tous les potes bourrés qui se disent "Vas y viens on ouvre un bar".

L'énorme coup de coeur pour le Szimpla Kert

Dernier jour, encore beaucoup de choses à faire, il va falloir carburer ! On arpente les bords du Danube à la recherche du Cipők a Duna-parton(Les Chaussures au bord du Danube), un mémorial en hommage aux victimes de la Shoah à Budapest. Une soixantaine de paires de chaussures en métal sont scellées dans le bitume, face au Danube : elles représentent les fusillés qui devaient se déchausser avant leur exécution. Je ne suis pas très portée sur tout ce qui est musée, mémorial, mais là j'ai trouvé la représentation poignante.

Les Chaussures au bord du Danube
Les Chaussures au bord du Danube

Un café pour se remettre de nos émotions, et on attaque la montée de l'Enfer, aka la grimpette à pieds du Mont Gellért pour accéder à la Citadelle et sa vue panoramique. Je peux te dire que je suis bien contente d'avoir arrêté de fumer quand je vois à quel point j'étais essoufflée en arrivant au sommet. Un demi million de photos plus tard, on redescend de notre perchoir et on décide de retourner au Palais Royal, le crush du séjour. Il n'y a pas à dire, on ne se lasse pas de cette vue. On en profite pour manger sur place un ovni de la gastronomie hongroise, j'ai nommé le Langos. Sorte de pâte à beignet frite recouverte de crème et de fromage râpé qui te bouche les artères de gras en moins de temps qu'il ne faut pour dire "diabète", le Langos est l'apologie du gras, le summum de l'indécence culinaire.

Un tour de grande roue plus tard avec une vue sur toute la capitale, on se décide à tester l'adresse que l'on nous a le plus recommandée(coucou Rémi !), le Szimpla Kert. Budapest est connue pour ses ruins bars, et le Szimpla est une institution : élu 2ème meilleur bar du monde(rien que ça, oui), c'est effectivement the place to be. Aménagé dans un immeuble abandonné avec un décor de fin du monde, on se sent projetés dans une autre dimension : canapés en cuir défoncés, lumières tamisées, vérandas, bar à la Breaking Bad (t'as déjà bu une bière dans un Erlenmeyer toi ?), tags partout sur les murs... Le genre d'ambiance qui fait bondir mon coeur d'allégresse. Pour la petite anecdote, on a testé les shots d'Unicum, liqueur hongroise à base de plantes, parce que le nom nous faisait rire. C'est pas tout à fait ce qu'on pourrait qualifier de "bon" hein, mais ça fait le job ! Il faudrait plus d'une soirée pour explorer le Szimpla entièrement et découvrir tout ce qu'il cache... Mais il est déjà 3h, et notre avion décolle à 7h, c'est donc la mort dans l'âme qu'on rentre se coucher.

Petit aperçu du Szimpla :

À peine 4h de sommeil plus tard, on décolle déjà pour Paris, avec un petit pincement au coeur... Serait-on tombés sous le charme de Budapest ? Oh que oui !

Budapest

Mélissa

 
 

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