"Gluten morgen", récit d'une escapade berlinoise

Là pour le coup, ça faisait un petit moment qu'on avait prévu le voyage. À la faveur d'une indécente réduction sur Voyages Privés, nous décidâmes de franchir le Rhin pour y découvrir — enfin — Berlin. On n'a pas fait les cons cette fois. On s'est posés, plus ou moins longuement, afin de définir un "parcours". J'entre-guillemette parce qu'on s'y tient jamais de toute façon.

Là pour le coup, ça faisait un petit moment qu'on avait prévu le voyage. À la faveur d'une indécente réduction sur Voyages Privés, nous décidâmes de franchir le Rhin pour y découvrir — enfin — Berlin. On n'a pas fait les cons cette fois. On s'est posés, plus ou moins longuement, afin de définir un "parcours". J'entre-guillemette parce qu'on s'y tient jamais de toute façon. Au moins, on savait ce qu'on voulait voir cette fois. Pas comme à Bruxelles.

Les sacs chargés de guides touristiques (notamment le 500 hidden secrets of Berlin qu'on vous recommande avec chaleur humaine), et chaussés des plus inconfortables grolles pour enquiller les kilomètres à pieds, nous voilà à Orly pour le départ.

1h20 plus tard, on arrive à l'aéroport de Shönefeld, situé au sud de la capitale. Pas le temps de se relâcher : il nous faudra environ 1h pour atteindre notre hôtel, situé dans le quartier de Charlottenburg, à l'ouest. Aimablement guidés par un badaud ayant pris notre air hésitant en pitié au sortir du U-Bahn (le métro berlinois), nous arrivons à l'hôtel.

Évidemment, la chambre n'est pas prête, qu'est-ce que tu crois. Il est tout de même 15h passé, alors on se regarde d'un air entendu et nous jetons sur — paraît-il — l'une des meilleures adresses pour déguster la currywurst : Witty's.

Plus street food tu meurs. On s'imaginait autre chose qu'un kiosque à journaux réhabilité en grill à saucisses ceci dit. N'en déplaise, à 3,20€ la wurst noyée dans sa sauce, on en a pour notre argent.

On prévoit du light pour cette demi-journée. Pour contraster avec la lourdeur de notre bide.

Laissons-nous guider par les rues berlinoises.

Matelas de feuilles

Bien nous en a pris, puisque la promenade s'est révélée fort charmante. Il faut dire que la période automnale et les feuilles colorées qui jonchaient notre parcours ont ajouté à l'émerveillement de la découverte.

À peine quelques heures que nous foulons son sol, mais quelque chose retient mon attention. Un truc dans l'air, dans l'ambiance générale des lieux. Tout est si calme ; discret. Nous sommes pourtant samedi.

Je t'assure que c'est pas le même bail si tu te promènes à Beaubourg à la même heure.

En fait, Berlin me fait l'effet d'un colosse un peu tristoune, recroquevillé pour pas prendre trop de place. Les gens sont turbo accueillants et tout ce que tu veux, mais la mélancolie dans laquelle marine ses rues a quelque chose de surprenant.

Notre curiosité nous pousse à longer le Landwehrkanal, dans l'indispensable quartier de Kreuzberg (épicentre de la hype berlinoise). On s'y arrête boire une pinte sur la charmante péniche Van Loon.

— "Bon, où est-ce qu'on mange ? — ¯\_(ツ)_/¯"

Ça y est, les emmerdes commencent. Tu vois, s'il y a un truc sur lequel il nous faut nous améliorer, c'est la sélection des restaurants. Jamais foutus de nous décider ; on se retrouve par dépit à entrer dans le premier bouge qui veuille encore bien nous servir malgré l'heure tardive.

Et pourquoi pas ?

C'est précisément ce qui anima notre première soirée au pays de Merkel. Une fois n'est pas coutume, on se prend d'une envie de salade (ne juge pas, ça t'arrivera à toi aussi). Bon, l'adresse était fermée, mais on a pu voir de gros lapins gonflables. Tu aimes les lapins ?

Las de notre propre indécision, on se retrouve à bouffer chez un thaï assez réputé, qui sert une cuisine saine et 100% végane (Berlin est ultra accueillante pour ça).

"Viens on se lève tôt pour aller prendre des photos ?"

La belle idée. Et encore on a été raisonnables. Réveil matin 7h, les yeux encore collés et la joue trempée de notre bave, on se motive à sortir du cocon de notre cocon de couettes. On a repéré une excellente adresse de brunch dans le quartier.

Oui, en fait on a plus faim qu'envie de faire des photos là, tout de suite.

On se retrouve donc chez Bénédicte, fleuron des petits-déjeuners princiers de la capitale. Habillé d'une décoration tropicale-vintage du plus bel effet, le resto est spécialisé dans le repas le plus important de la journée. Au point d'être ouvert 24h sur 24, 7 jours sur 7. Si si.

La panse traînant par terre, on profite des dernières lueurs matinales pour faire ce pourquoi on s'est réveillés à la même heure que l'Allemagne-qui-se-lève-tôt.

La densité de population à Berlin est de 4000 habitants par km². Celle de Paris est de 21 000 habitants par km², malgré une superficie environ 8 fois inférieure !

Bizarrement, on a opté unilatéralement que, pour cette fois, c'était très bien les transports en commun. D'habitude, on préfère marcher, et se perdre dans les ruelles. Mais là faut pas déconner. Berlin, ça fait quand même près de 8 fois la taille de Paris. C'est pas tout ça, mais il nous reste près de 40 lieux à visiter (spoilers : on y arrivera pas).

Alors on va se perdre au Tiergarten. C'est joli le Tiergarten. C'est grand le Tiergarten. On n'était pas prêts. En vrai, on a évoqué l'idée d'abandonner tout espoir, et de nous laisser pourrir au pied d'un arbre tellement on tournait en rond. Puis on a fini par retrouver notre route (oui, nique la promenade on a mis le GPS. Juge pas on t'a dit).

Notre point de chute : le palais du Reichstag, qui abrite l'assemblée parlementaire appelée Bundestag. C'est grand, c'est joli. Y'a une queue de tous les diables pour aller visiter la coupole. On a faim. On zappe.

House of Small Wonders : pensez à réserver. For real.

Dans la famille des déconvenues, on demande la House of Small Wonder, un restaurant un peu caché (tu verras que c'est faux) qu'on avait shortlisté. Mais ça, c'était avant de nous faire éconduire par le serveur, nous annonçant plus d'1h30 d'attente pour obtenir une table.

Nous sommes dimanche midi.

Qu'à cela ne tienne, c'est le charmant Distrikt Coffee qui accueillera nos couverts. Énième établissement spécialisé dans les petits-déjeuners, la carte comporte malgré tout des mets tartinés-salés qui feront très bien l'affaire pour nous requinquer.

L'après-midi s'annonce costaude. On part à la rencontre du Berlin historique. Et pas de ses plus beaux moments si tu vois ce que je veux dire. On se dirige donc vers le Nord de la ville pour "admirer" des restes du Mur qui divisa la ville entre 1961 et 1989. Si je trouvais la ville tristoune jusqu'à présent, autant dire qu'on ne nous a pas vraiment accueillis avec des cotillons une fois devant l'odieux symbole.

Pour rester sur la thématique de la division des peuples, on rallie la porte de Brandebourg. Beaucoup plus petit qu'on se l'imagine.

Et comme on est encore beaucoup trop joyeux, on part se perdre dans les allées dallées du Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe.

 Mémorial dédié aux juifs assassinés d'Europe

Mémorial dédié aux juifs assassinés d'Europe

Mais à la base, si on a tant envie de découvrir Berlin, c'est surtout pour son art urbain. Notre prochaine étape obligatoire est donc l'East Side Gallery. Encore des bouts du Mur, mais joliment peinturlurés par des hommes et des femmes dont la colère n'a pas dénaturé le talent. Une longue marche, encore, comme pour retracer une histoire.

Pour nous remonter le moral, on se rend dans l'une des plus fameuses adresses houblonnées de la ville : le Hopfenreich. Le troquet, très sombre et diffusant une musique folklorique donnant envie d'entrechoquer sa pinte en dansant sur les tables, se vante de servir 22 breuvages à la pression. Si la décence nous a empêchés de toutes les goûter, on valide l'endroit.

On est d’emblée catégorisés comme des “touristes casse burnes”

Pour épouser pleinement le côté rustique de cette fin de journée, on entame un petit périple pédestre vers Max Und Moritz, l'un des plus vieux restaurants de la ville. Beaucoup trop confiants, on n'a pas réservé. On juge à la mine confuse du serveur qu'on est d'emblée catégorisé comme des "touristes casse burnes". Yeux doux et mine de chat potté plus tard, notre hôte nous trouve une tablée et nous propose le menu dans la langue de Molière.

On y restera plus de 2 heures.

Pas forcément par choix non. L'endroit est fort agréable, et le personnel très accueillant. Mais aussi chaleureux soit-il, notre serveur a oublié notre commande. Tant pis, on se ressert de leur excellente bière et on patiente. La "tarte flambée alsacienne" en vaut largement la peine.

Et si on allait en boîte à 7h du mat' ?

Dernier jour. On refait le coup du "gnagnagna...lever tôt...photos", sauf qu'on le fait pour de vrai cette fois. On prévoit de jeter l'ancre du côté de Friedrichshain, à l'est de la ville. Les lueurs apaisantes de la matinée contrastent avec l'effervescence d'une métropole qui commence sa semaine.

Tu sais ce qu’on trouve devant le Berghain un lundi matin, à 10h ? Eh bien tu trouves des clubbers.

Un détour en emmenant un autre, on se retrouve dans une espèce de temple caché du Street Art, à deux pas de la gare de Warschauer Straße. Le RAW-Gelände est un centre culturel berlinois qui héberge pêle-mêle discothèque (le Suicide Circus), bar tendance (Cassiopeia), galerie d'art et autres joyeusetés. Un véritable microcosme qui ne manque pas de nous rappeler le quartier des Grands Voisins, dans le 14ème à Paris.

Et figure-toi que le RAW peut se targuer de disposer de la plus petite boîte de nuit du monde. On t'emmène ?

Le Silo Coffee, notre bonne adresse hipster

Après avoir fait le plein au Silo Coffee (un coffee shop hipstero-bobo comme on les aime), on se chauffe pour aller voir un autre temple berlinois : le Berghain. Mais si tu sais, LE club techno par excellence. Celui où t'es jamais sûr de rentrer. Celui où t'a pas le droit de filmer et qui cultive ainsi une aura de mystère que personne ne souhaite rompre.

Tu sais ce qu'on trouve devant le Berghain un lundi matin, à 10h ? Eh bien tu trouves des clubbers. Qui sortent oui ... mais qui entrent aussi. Très bien. On peut donc aller s'éclater les tympans à toute heure dans cette ville, c'est bon à savoir. Mais pas cette fois ; le Teledisko nous a suffi pour aujourd'hui.

Comme magnétique, le quartier de Kreuzberg nous attire de nouveau dans ses filets. Cette fois, on longe la Spree, et posons nos fesses endolories par la marche sur les pilotis du FreiSchwimmer. Situé juste en face d'un autre club de renom de la capitale, le Der Visionaere, ce restaurant boisé sert une cuisine raffinée et copieuse pour pas grand-chose. Il sera notre maison pour une heure ou deux, le temps de nous comater un peu.

Dernier après-midi, et une dernière chose à voir absolument. S'il fait partie des monuments les moins connus de Berlin, il fait néanmoins figure d'indispensable pour moi maintenant que je l'ai vu. Il s'agit du Mémorial Soviétique. Légèrement excentrée, cette magnifique esplanade se trouve dans l'arrondissement de Treptow. Bâti par l'occupant soviétique en 1949 en commémoration aux soldats de l'Armée Rouge tombés lors de la prise de Berlin, cet endroit restera comme l'une des images indélébiles de mon séjour en Allemagne.

 Le mémorial dédié à la Guerre Soviétique

Le mémorial dédié à la Guerre Soviétique

Pierre

 
 

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 Un week-end prolongé à #Berlin, entre cafés hipsters, musique techno et resto au bord de l'eau !