Comment ne pas du tout visiter Phoenix

Cet article est intitulé Phoenix, mais en réalité ça a été tout un périple pour y parvenir ! Si tu as lu notre dernier article, tu sais qu’on était à San Antonio, tout à l’Est du Texas. Phoenix se situant en Arizona, soit complètement à l’opposé, je ne vais pas te faire un dessin : on s’est tapé deux grosses journées de route pour traverser le Texas sans perdre trop de temps.

Le premier jour, et sur les conseils d’Océane de DreamDiscoverAndExplore, on s’est décidés à faire un détour avant d’arriver à El Paso (notre point de chute pour la nuit) et d’aller voir le désert du White Sand : des dunes de sables blanc à perte de vue, un paysage idyllique et la promesse de photos dignes de National Geographic. Enfin ça, c’est ce qu’on aurait pu voir si on n’était pas arrivés à la tombée de la nuit et donc pile à la fermeture du parc. Parce que non, on ne s’était pas renseignés sur les horaires d’ouverture, on aime vivre dangereusement et faire 3h de route pour rien (non), oui monsieur !

Après un arrêt éclair dans un squat un Airbnb, à El Paso donc, et un petit coucou aux gardes de la frontière mexicaine, nous voilà fin prêts pour explorer l’Arizona et goûter, enfin, le grand Ouest des États-Unis.

« À Tombstone, c’est retour à l’époque des cowboys ! »

Avant d’arriver à Phoenix, on avait prévu un petit détour par Tombstone. Si tu ne connais pas Tombstone, prépare-toi à faire un saut dans le temps et à revenir à l’époque des cowboys ! La ville a été fondée en 1879, et elle est notamment célèbre parce que c’est ici que s’est déroulée la fusillade d’O.K. Corral (une sombre histoire à base de vol de diligence et de mecs un peu trop pintés) !

 

Aujourd’hui, la ville vit majoritairement du tourisme, et elle est restée en l’état : on peut donc y croiser des calèches, des cowboys, et boire une bière dans un saloon (enfin pas nous, parce que celui où on voulait aller était fermé, évidement).

Toujours sur les conseils d’Océane, on a fait un dernier arrêt avant de poser nos valises (qui commencent à nous faire relativement chier, soit dit en passant, le prochain voyage c’est en sac à dos ou rien !) au parc national de Saguaro, avec son désert et ses montagnes recouvertes de cactus à perte de vue.

Il y en avait partout, impossible de les louper ! Enfin, impossible n’est pas Mélissa visiblement, puisque j’ai réussi à m’empaler la cuisse sur un cactus, comme on pique une tomate cerise à l’apéro avec son cure-dent. Bref, après ces petites péripéties (et encore, je ne vous ai pas raconté comment j’ai commencé à me déshabiller sur le parking avant de me rendre compte qu’il y avait des gens dans la voiture d’à côté… foutues vitres teintées), nous revoilà en route pour Phoenix (oui, on y arrive !)

Never say no to a Corgi

Si tu te souviens bien, dans notre article On the road #1, on te parlait des loutres comme faisant partie du top 3 des animaux qui nous font couiner. Tu sais ce qu’on retrouve aussi sur le podium ? Les corgis.

Alors, qu’on soit clairs, j’ai toujours été #TeamChat, j’ai un chat d’ailleurs (qui est aussi con que mignon… Et il est très mignon, demande à mes parents qui sont TRÈS heureux que je leur ai refourgué en pension), mes parents en ont trois, mes tantes et mes cousines pareil, mes grands-parents aussi… Bref, on est une famille à chat, voilà.

« En Corée, un corgi est venu me réveiller. Il s’appelait Saucisse »

SAUF QUE, j’ai récemment développé une passion pour les corgis pendant mon voyage en Corée du Sud où, une nuit, trop bourrée pour rentrer dans ma chambre et prendre le risque de réveiller les copines qui dormaient avec moi (coucou Alexia & Mathilde), j’ai dormi dans la salle commune à l’étage. Et devine qui est venu me réveiller le matin ? Le corgi des propriétaires de l’auberge de jeunesse, en me léchant la main avec son air si naïf. Pour la petite anecdote, il s’appelait Saucisse. Oui bah, c’était en Corée, est-ce que ça a quelque chose d’étonnant ?

Bref, je suis tombée amoureuse de leur air un peu stupide mais toujours heureux, et de LEURS FESSES FLUFFY SA RACE. Si tu n’es pas convaincu, je te laisse regarder ce compte Instagram, on en reparle après.

Pourquoi je te parle de ça ? Parce que figure-toi que dans notre Airbnb à Phoenix, il y avait un corgi. À vrai dire, on l’a réservé en grande partie pour ça. Ne nous juge pas. On était donc comme des gosses le matin de Noël en arrivant, on avait même déjà échafaudé un plan pour le kidnapper (ne nous juge pas j’ai dit !). Et bien ça n’a pas loupé, on a à peine ouvert la porte qu’il était là, la langue pendante et la truffe humide. Et oui, on a couiné très fort en le voyant.

Qui peut dire non à ça ? Pas nous.

Après une bonne nuit pour se remettre de toutes ces émotions, on part explorer Phoenix… Et on en aura vite fait le tour. Après une rapide exploration de Downtown et un déjeuner au Kaleidoscope Juice (avec un des meilleurs avocado toast que j’ai mangés !), on se rend bien compte que Phoenix, c’est pas foufou. On décide donc d’aller voir du côté de Scottsdale, une petite ville voisine. C’est choupi, Scottsdale, c’est rempli de boutiques et de cafés de bobo hipster comme on les adore. Le Berdena’s Fine Coffee est une bonne adresse si tu es de passage ! On y passera le reste de la journée.

Promenons-nous, dans les bois…

Le lendemain, on avait prévu d’aller à Sedona, sur les conseils cette fois d’une personne rencontrée lors de notre soirée de Thanksgiving à Washington D.C. Et bien on a bien fait !

On a passé la journée à déambuler entre les canyons de roches rouges, les rivières et la forêt. On finit par prendre des photos de nous un peu cheloues dans la forêt de Coconino jusqu’à la tombée de la nuit. Et puis on s’est perdus.

 

Alors, je ne sais pas toi, mais moi, j’ai un sens de l’orientation naze. Mais vraiment hein, même en pleine journée, à Paris, j’arrive à me perdre. Alors imagine en pleine nuit dans une forêt, bonjour la catastrophe et le coup de pression ! Pour ne rien arranger, j’ai une imagination débordante, et la fâcheuse tendance à extrapoler le moindre bruit quand j’ai les chocottes. Et j’avais GRAVE les chocottes. 

Ce que je m’imagine voir en pleine nuit, alors qu’il n’y a rien de plus dangereux dans cette forêt que des lapins adultes.

En réalité, on s’est perdus parce qu’on avait décidé d’escalader une colline pour pouvoir observer les étoiles (qu’on n’a pas vues), et qu’une fois redescendus on a été incapables de retrouver le sentier. Sentier qui était censé être une boucle, soit dit en passant. On a donc décidé de rebrousser chemin jusqu’à retrouver un terrain connu, en essayant de ne pas penser à tous les films d’horreur qui se déroulent dans les bois. Je crois même qu’on a chanté le générique des Schtroumpfs pour se rassurer.

Les sandwichs d’Eggsy

« J’avais très envie d’un sandwich à la rosette »

On réussit enfin à retrouver la voiture, épuisés, couverts de terre et de branchages, mais soulagés de ne pas avoir servi de repas à un ours qui aurait eu un petit creux pendant son hibernation. On a un peu de route pour rentrer à Phoenix, mais on décide quand même de manger avant de repartir.

Figure-toi que ce soir là, j’avais très envie d’un sandwich à la rosette (va comprendre…), et que, miracle, Pierre m’annonce qu’il a trouvé un « petit truc sur la route qui doit certainement vendre des sandwichs ». Mon cul sur la commode ouais, ce mec est un pur mytho. Parce qu’on n’a pas mangé dans un « petit truc ».

On se gare donc dans la cour d’un établissement qui avait l’air très classe, mais comme je ne capte jamais rien, je n’ai pas fait le rapprochement tout de suite. Je n’ai pas non plus tilté quand un valet est arrivé pour garer la voiture à notre place. Je n’ai toujours rien compris quand le serveur, qui ressemblait trait pour trait à l’acteur Taron Egerton (Eggsy dans Kingsman), a appelé Pierre par son nom de famille (d’ailleurs, c’est assez drôle à entendre « M. Crochart » avec un accent américain !). J’ai seulement commencé à percuter qu’il m’avait encore joué un tour à la lecture du menu.

« – Ils font pas de sandouiches hein ? »

Nous sommes le 23 décembre, la veille de mon anniversaire, et ce vil gredin avait tout prévu et réservé une table dans un restaurant gastronomique. Alors non, plutôt ils ne font pas de sandwichs. Et si je suis incapable de me souvenir de l’intitulé exact des plats, je suis sûre d’une chose : c’était le meilleur restaurant dans lequel j’ai mis les pieds de toute ma vie.

Je vous passe le moment de gêne (pour moi) quand j’écoutais Colbee (le serveur, donc) nous énoncer les plats pendant que j’essayais discrètement de retirer des bouts de buisson plantés dans mon pull. Il faut l’avouer, on avait un peu l’air de pouilleux au milieu d’une salle de réception hyper classe. Un peu comme si Jacquouille s’incrustait à la cérémonie des Oscars.

 

 

Après un dessert surmonté d’une bougie beaucoup trop choupi, j’ouvre fébrilement le paquet que Pierre me tend. Je suis toujours comme une gosse à Noël quand j’ouvre mes cadeaux d’anniversaire. On me souffle dans l’oreillette que c’est peut-être parce qu’effectivement, mon anniversaire c’est le jour de Noël, et que je suis toujours une gosse dans ma tête. Qu’importe.

Je me retrouve nez à nez avec le cadeau le plus cool de l’univers, et non je n’exagère pas : un Polaroïd. On a donc très vite convenu de prendre un pola dans chaque endroit cool qu’on visiterait !

« Il avait une dent qui dépassait, et il louchait »

J’avoue, j’ai pas su attendre. Le tout premier pola aura donc été avec un des autres chiens de notre Airbnb. Il était resté tout seul pendant que notre hôte était partie promener le corgi gras comme un churros. Il avait une dent qui dépassait, il louchait : on l’a tout de suite kiffé et on l’a appelé « Petit Copain ». Tu noteras l’originalité.

 

Bref, après toutes ces émotions, il est temps de dire au revoir à Phoenix, qu’on n’aura finalement que très peu explorée, et de filer vers le nord, en direction de Flagstaff. Flagstaff qui sera d’ailleurs notre point de chute pour une petite semaine, le temps de faire les parcs nationaux aux alentours, à savoir : le Grand Canyon, Monument Valley, Antelope Canyon, Bryce Canyon et Zion. Mais ne soit pas impatient petit scarabée, on te prépare une série d’articles spéciaux sur ces parcs dès notre retour en France !

 

En route, on fait un arrêt à Jerome, une ville fantôme ! Autrefois réputée pour ses mines de cuivre, elle a progressivement été désertée. Aujourd’hui, elle ne vit plus que du tourisme, et une partie de la ville a été rachetée et transformée en musée à ciel ouvert : l’occasion de croiser des très (très) vieilles voitures ainsi que des habitations et commerces délabrés un brin lugubres.

LE SAVIEZ-TU ?

La dernière mine a été fermée en 1953, et la ville fut alors désertée. Vers la fin des années 50, il ne restait qu’une cinquantaine d’habitants.

 

 

 

Tellement absorbés par l’ambiance si particulière, on a oublié de jeter un oeil au niveau d’essence : on roulait sur la réserve depuis un bon moment ! C’est donc au point mort qu’on redescend toute la colline de Jerome pour rejoindre l’autoroute et prendre la direction de Flagstaff.

 

Si tu as bien suivi, nous sommes alors le 24 décembre, la veille de Noël. On a décidé de s’épargner le macdo comme repas de fête, et on est allés faire un semblant de courses (chose qui ne nous manque absolument pas) au Wholefood Market le plus proche. C’est donc bien au chaud dans notre chambre à Flagstaff qu’on a fêté Noël avant de sombrer comme des masses !

Mélissa
Mélissa

Avide de grands espaces perdus comme des rues bondées des capitales, j'ai un radar à street art & à junk food. Je râle beaucoup mais pas longtemps, promis.

18 commentaires
  1. Encore un article qui déchiiire ! J’adore l’ambiance de Tombstone et de Jerome, ça doit être… dépaysant. Et je n’imagine même pas me perdre en forêt dans l’obscurité (surtout s’il y a des lapins ADULTES). Hâte de lire la suite, vous me donnez grave envie de tout plaquer pendant 3 mois et de faire un road trip peu import où (enfin il me faut quelqu’un qui conduit parce que moi j’ai horreur de ça).

    1. Merci Delphine 😀
      Mais fais, plaque tout et pars ! Pour la conduite, aux US c’est carrement plus sympa et moins fatiguant. On s’est tapés des bonnes journées de 6/7h de route, et franchement ça se fait « facilement ». Et oui, Jerome et Tombstone c’était génial, on n’a pas trop compris comment on s’est retrouvés là, mais super découvertes !

  2. Le corgi est trop mignon ! En fait vous l’avez pas dit pour des raisons juridiques mais vous l’avez kidnappé, non ?

    Sinon merci, la fin de ce gif de fôret m’a bien foutu la trouille !

    Sympa la petite surprise pour l’anniversaire 🙂

    1. Merci Lola, ça nous fait super plaisir ! Pour la forêt laisse tomber, je sursautais au moindre craquement, j’ai du bousiller le bras de Pierre une bonne dizaine de fois haha

  3. Bonjour
    Question éclairage du soleil, Bryce canyon est à visiter le matin , Zion canyon pas avant 10h. L’une des plus belles routes de l’Utah (en plus de la UT12 et de la UT24), c’est le blur trail au départ de Boulder… (J’en sors, c’est tout chaud !) Bonne suite (et bonne nuit aussi).

    1. Hello ! Merci pour ces infos, mais à l’heure où on a publié l’article, nous avions déjà fait Bryce & Zion. Mais ça pourra sûrement aider d’autres personnes 😀

  4. Ah vous me rappelez plein de souvenirs vu que j’avais fait plus ou moins le même trajet en sens inverse! Tombstone j’avais adoré le cimetière et dans le coin la ville de Bisbee était très sympa! J’avais totalement zappé Phoenix car après l’avoir traversé de nuit sans GPS ni carte on a eu peur de s’aventurer de nouveau sur ces autoroutes géantes et on est également restés à Scottsdale… ça me rassure de ne pas avoir raté grand chose 😉 .
    En tout cas on s’entendrait bien car je aussi devenue fan des corgis (mais au Royaume-Uni pas en Corée) et je suis méga amoureuse des loutres depuis toujours! Et des wombats, et des ratons-laveurs et des porcs-épics et…
    Et vous n’avez pas eu envie de tenter l’Apache Trail au fait? Ça reste un de mes meilleurs souvenirs des USA, celui avec des coyotes et des trous de tarentules partout 😉

    1. Hey Ludivine ! Effectivement, tu n’as pas raté grand chose de Phoenix… Scottsdale était bien plus cool !
      On va monté un club des amoureux des corgis/loutres/toutes autres bêtes à poils mignonnes, tu viens ? 😀
      Et non, on n’a pas fait le trail dont tu parles, mais si tu as lu l’article sur San Antonio et notre rencontre avec une tarentule, je pense que Pierre n’aurait pas survécu à une araignée de plus hahaha

  5. Trop chouette article (comme à votre habitude j’ai envie de dire !) C’est impressionnant ce village où tout est resté en l’état, j’aurai adoré prendre un verre au saloon haha De très jolies photos également, j’aime beaucoup vos coucher de soleil sur les cactus ! Oh et les corgis j’en suis in love aussi !!!! C’est un merveilleux périple que vous faites aux US ! J’adore suivre vos aventures ! A très vite …

  6. Y a pas à dire, vous êtes bien les rois du fail (et de l’entourloupe, bravo Pierre pour le coup du resto).
    Encore un article très chouette, qui m’a donné envie de tâter de la voiture rouillée. L’effet Jerome sans doute.

    1. Merci Lola ! Ça oui, on est bien les rois du fail, pas de doute hahaha
      Jerome était top, c’est vraiment une étape à faire pendant un road trip !

  7. Je connaissais Tombstone mais pas Jerome, très clairement des étapes qui me font de l’oeil avec une ambiance que J’adore. Et comme je l’ai dis a Pierre, j’adore vraiment ses photos et votre surtout vous me faites beaucoup rire a chaque article, du coup j’attend la suite 😀

    1. On ne connaissait pas du tout Jerome & Tombstone avant de partir, on a découvert ça sur la route et franchement ça vaut le détour !
      La suite arrive…. Un jour, quand on aura fini de pleurer parce qu’on est rentrés haha
      Des bisous !

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