On the road #2 : entre Jacksonville et Miami

Le moment est déjà venu de quitter la Géorgie. Ses couleurs, sa végétation si particulière, et ses fantômes. Heureusement, l’avantage du road trip est que même si l’on sait qu’on laisse quelque chose derrière nous, d’autres nous attendent en amont. C’est ainsi que, notre dernier petit-déjeuner à Savannah dégusté, nous prîmes la route qui nous mena au dernier des états que nous visiterons sur la côte est : la Floride.

Je ne sais pas ce qu’il en est de la fameuse 66, mais pour la majorité des autres routes américaines, on s’y emmerde ferme. C’est simple : la route qui rallie Savannah à Jacksonville ? 200 kilomètres de ligne droite. Autant te dire qu’avec une voiture automatique et le régulateur de vitesse, tu peux conduire à un doigt.

Une longue route peut ainsi devenir le vecteur de bien mauvaises décisions

À peine franchi le panneau nous indiquant notre arrivée à Jax (c’est son petit nom), nous vient la merveilleuse idée de nous arrêter dans une zone commerciale pour manger dans un fast food mexicain. Les réelles motivations se cachant derrière ce choix me laissent encore perplexe aujourd’hui. Les voies de l’estomac sont impénétrables. Nos tacos avalés vite fait, et les prémices d’une digestion difficile plus tard, nous regrimpons dans Bertha pour aller tâter la ville de Jackson.

 

Il y fait chaud, sois-en sûr. Notre petite promenade le long du Saint Johns aura suffi à nous mettre en eau. On marche pas mal ; c’est vaguement choupi mais sans plus. Il n’est pas 15h que l’on décide de revenir à la voiture pour rejoindre notre logement de quelques jours, chez Shawna et Alex, à quelques kilomètres de la ville.

On est un peu cassés de la route, alors on décide d’aller se coucher tôt afin de se lever aux aurores pour observer le lever du soleil sur les îles Talbot.

LE SAVIEZ-TU ?

Jacksonville peut se targuer d’être la ville américaine au réseau de parc urbain le plus développé. En effet elle compte plus de 30 000 hectares d’espaces verts. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Jacksonville est également la ville la plus peuplée de Floride, Miami comptant deux fois moins d’habitants.

Golden Hour

Ouais. Nous. Aux aurores. La belle idée. Tu l’auras deviné, on n’est pas sortis du lit avant 9h. Qu’à cela ne tienne, on a quand même été à Neptune Beach, sur la côte, pour bruncher comme les bobos que nous sommes et ramasser quelques coquillages.

Un spectacle un brin macabre

Bon, contrairement à la veille, il fait plutôt frais aujourd’hui. Et le soleil n’est pas vraiment au rendez-vous. Pas grave, car à quelques kilomètres au nord se cachent les îles Talbot. Big Talbot est notamment connue pour sa plage jonchée de cadavres d’arbres, blanchis par le sel marin. Un spectacle un brin macabre, accentué encore par la faible luminosité et la menace des nuages au-dessus de nos têtes.


big talbot state park


big talbot state park
Finalement, de Jacksonville nous n’aurons pas vu grand-chose. Mais le feeling n’y était pas vraiment. Rien de particulier ne semblait se dégager de la ville. Là est l’avantage de disposer d’une voiture : on a pu en profiter pour explorer les environs.

La grosse Bertha

La voiture d’ailleurs, parlons-en. C’est qu’on commence à s’y attacher à Bertha. Alors il nous vient l’idée de rallonger l’idylle ; de la garder jusqu’à Miami. On se dit que la moitié de ce qu’on a pu voir les derniers jours nous serait restée inconnue si nous ne disposions pas de ce formidable véhicule à quatre roues. Faut dire que le projet de road trip évoque forcément de rouler. Sur des routes. Sinon, c’est un city trip.

Bref, après un trajet aussi long et inintéressant que les films DC Comics, nous arrivons à Orlando où — pour une fois — on a mangé healthy. Ouais. Avec du quinoa et tout. Moi même j’y croyais pas. Tiens, j’ai même bu un Latte à la lavande. « Plus hipster tu meurs ».

Surprise : tout se passe comme prévu

Du coup, une fois le coco plein comme dirait ma maman (coucou maman !), on se dirige vers l’aéroport en serrant un peu les fesses. Eh oui, on ne sait pas trop combien ça va nous coûter de rallonger la location de notre chère Bertha. Surprise : tout se passe comme prévu, et le devis fourni par Alamo est même inférieur à ce que nous avions calculé ! Banco : on gardera la voiture jusqu’au 11 décembre, soir de notre départ pour La Nouvelle-Orléans.

Le souci, c’est qu’on avait réservé notre Airbnb pour Orlando avant de savoir qu’on garderait la voiture. On est donc logé dans l’hypercentre de la ville. Autant te dire qu’y trouver une place de parking y est à peu près aussi agréable que de faire un DM de maths alors que t’es en terminale L.

Pour autant, on ne s’est pas foutu de notre tronche pour le logement. On se retrouve encore une fois dans un hôtel résidentiel, à Church Street Market. La chambre est plus spacieuse que notre studio du 12ème, et dispose d’un matelas aussi épais que la pile d’affaires judiciaires qui pèsent sur Nicolas Sarkozy.

Bon, c’est pas tout ça, mais … on y fait quoi à Orlando quand on n’a pas le budget pour les parcs d’attractions ?

Orlando
Orlando

Justize Ligue

Parce que oui, cette ville n’attire les touristes que pour la bonne dizaine de parcs qui la compose. Le hic ? Aucun ne monnaie ses billets à moins de 100$ par personne.

On décide donc de noyer notre chagrin dans l’alcool. À quelques pas de l’appartement se trouve un bar éphémère sur le thème de Noël. À la bonne heure ! On s’enfile des bières belges en matant le Grinch, qui n’a absolument rien perdu de son côté terrifiant malgré l’âge.

petrin express
Victime

Nous voilà ronds comme des boules. Quoi de mieux pour mettre à profit son mal de bu que d’aller s’esclaffer devant la médiocrité annoncée de Justice League ? Ça tombe bien ! Un cinéma se trouve sur le chemin du retour. Comme on est des grosses victimes à la solde du capitalisme, on achète un gobelet en forme de poing de Hulk rempli de popcorn (pour aller mater un film DC, tu apprécieras l’ironie), et on se pose dans la salle — vide — du cinéma. Comme je te le disais il y a quelques lignes, c’était aussi long qu’inintéressant. Mais y aller ivre était définitivement une bonne idée !

Après une nuit à ronfler notre alcool, on se lève frais comme des gardons pour aller explorer Orlando nous rendre sur la côte ouest de la Floride, à Saint Petersburg. Bah oui que veux-tu, on en a un peu marre de la ville.

Contrairement à son homologue russe, qui doit se couvrir de neige à l’heure qu’il est, la version floridienne de Saint Petersburg fait dans les petites robes d’été et les shorts à fleurs. Nous sommes le 5 décembre, il fait 30°.

On les appelle désormais Marcel, universellement

Nous nous promenons le long de la plage. Croisons encore une armada d’écureuils (qu’on appelle désormais Marcel — universellement), et des gens qui ont installé des hamacs entre deux cocotiers. On y voit nos premiers top models en rollers aussi. Pas de doute, on est bien en Floride.

 

La fin de journée approche. On décide de pousser un peu plus au nord, vers Clearwater. Un nom évocateur pour une ville pouvant se targuer de posséder l’une des plus belles plages de l’État. On observe le coucher de soleil, et on joue dans le sable comme des enfants. Alors que l’on guette les dernières lueurs du soleil disparaître à l’horizon, nous sommes même les témoins fugaces de la traversée du ciel par une météorite. Sacrée soirée.

 

On occupera les 2h de route qui nous ramènent à Orlando en se lisant des poèmes d’une niaiserie rare, en provenance de poemes-sms.ch. C’est à pleurer de rire.

Jouer dans les vagues

Le lendemain est déjà notre dernier jour à Orlando. On décide donc d’aller explorer la ville à la plage, mais du côté est cette fois. Direction Cocoa Beach, près de Cape Canaveral.

C’est le grand jour : nous allons nous baigner. Sans doute pour la première fois de ma vie en décembre d’ailleurs. J’achète rapidement un maillot de bain dans une boutique de plage (non, je n’ai pas du tout pensé à en prendre dans ma valise), et on se fout à l’eau. Les vagues sont gigantesques, l’eau avoisine les 20° : on est comme des gosses.

Quelques heures plus tard, on décide d’ouvrir la carte et de choisir une ville au pif à aller explorer. Un peu plus au nord se trouvent Titusville et Mims. Avec des noms pareils comment veux-tu ne pas attirer notre attention ? Bon, en vrai il n’y avait rien à y faire. Mais on y était.

Et c’est là qu’on voit les ravages de la vieillesse, mesdames et messieurs. Visiblement, passée les premières lueurs de la vingtaine, jouer un après-midi dans les vagues suffit à mettre à mal la plus olympique des formes. On fout un orteil dans le lit et on s’endort comme des crottes à 20h.

une ambiance très Riviera, faite de boutiques de marbre et d’or, de voitures de sport et de botox


Palm Beach
Palm Beach

Notre dernière étape approche à grands pas : Miami. Située à 3 heures au sud d’Orlando, on prévoit de faire une halte à Palm Beach pour souffler un peu. Ville de luxe par excellence, on y retrouve une ambiance très Riviera, faite de boutiques de marbre et d’or, de voitures de sport et de botox. Un petit côté parc d’attractions se dégage de l’endroit, pour nous pauvres bouseux. N’en déplaise, Palm Beach est très jolie et mérite assurément le détour ; le vernis « enclave pour riche » n’est pas bien difficile à gratter et révèle de bien jolies choses pour toutes les bourses.

Les bouchons nous menant la vie dure, nous n’arriverons à Miami qu’en toute fin de soirée. Épuisés et à bout de nerfs. Loin d’être annonciateur du séjour de ouf guedin qu’on passera là bas. Mais ça, c’est une histoire qu’on te racontera plus tard !

Pierre

J'ai suffisamment joué aux jeux vidéo pour savoir que sans expérience on se fait latter par le boss de fin. Du coup je pars monter des niveaux dans le monde ouvert, le vrai.

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